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09 déc. 2020

Numérique. Du Ségur de la santé au Ségur de la biologie Spécial

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Le Ségur de la santé de juin et juillet derniers a essentiellement débouché sur des mesures pour l’hôpital. Mais pas uniquement. Il a également été décidé d’accélérer la bascule numérique de notre système de santé, que ce soit en ville ou à l’hôpital. Et sur le sujet, les biologistes médicaux sont au cœur de l’énorme chantier qui s’annonce pour 2021.

Point sur les enjeux et les prochaines étapes avec le Dr Bruno Gauthier, vice-président du SDB, trésorier de la Sfil (Société française d’informatique de laboratoire) et représentant des biologistes médicaux au sein de la task-force chargée de faire avancer le dossier.

Et n’oubliez pas de remplir le questionnaire pour le SI-DEP en fin de newsletter ! Merci !

Le Ségur, accélérateur du déploiement numérique

C’est la mesure 9 du Ségur de la Santé, rattachée au chapitre des investissements à faire au service de la qualité de soins (pilier 2), qui sert d’accélérateur de la numérisation du système de santé. Elle prévoit près de deux milliards d’euros sur trois ans pour le « rattrapage du retard sur le numérique en santé ». On parle du Ségur numérique.

Sur le fond, c’est la feuille de route du numérique en santé présentée en avril 2019 qui sert de socle. Il ne s’agit donc pas de repartir une fois de plus dans un processus de rapports, propositions, mesures à prendre, etc., mais bien de travailler concrètement sur le déploiement des solutions numériques qui doivent l’être pour améliorer la fluidité de circulation de l’information entre les différents acteurs de la santé et rendre le système plus efficace.

Un pilotage incluant les acteurs concernés, dont les biologistes médicaux

Le ministère de la Santé a confié le pilotage du chantier à la Délégation ministérielle au numérique en santé (DNS). Celle-ci travaille sur six piliers :

  • l’hôpital public
  • l’hôpital privé
  • la biologie médicale
  • la radiologie
  • la médecine de ville
  • le médico-social.

Pour chacun de ces secteurs, les syndicats et des acteurs concernés sont regroupés au sein d’un comité de pilotage. Pour la biologie, on parle de GIPS-BION (Groupe intersyndical de pilotage « Ségur » sur une biologie médicale numérique). Cette instance, réunie de manière bimestrielle, aura pour rôle de :

  • suivre le déploiement effectif de la transformation avec des indicateurs stratégiques présentés par la task-force ;
  • définir les éventuelles réorientations stratégiques ;
  • définir les actions respectives en termes de communication vis-à-vis de l’écosystème ;
  • assurer le lien avec les négociations conventionnelles et la commission paritaire nationale ;
  • valider puis publier les différents documents permettant de définir le cahier des charges pour les éditeurs.

À côté de cela, une task-force, plus réduite, est en charge de faire avancer concrètement les projets. Le Dr Bruno Gauthier y représente les biologistes médicaux et participe aux deux à trois réunions par semaine.

Un véritable « Ségur de la biologie médicale »

Le rythme de ces réunions de travail traduit l’ambition de ce projet. « L’objectif est clairement de déployer les outils numériques en 2021 pour que les premiers usages soient effectifs en 2022, rapporte Bruno Gauthier. Et pour la première fois, l’État met sur la table de l’argent et des ressources humaines pour se donner les moyens d’obtenir des résultats et de rattraper les retards. »

Ce Ségur numérique se décline en Ségur de la biologie. « La biologie médicale est l’un des principaux producteurs de données médicales et nous sommes globalement très avancés sur le plan informatique et numérique par rapport aux autres acteurs, souligne Bruno. Et l’expérience du SI-DEP mis en place pour la Covid a prouvé notre fiabilité sur le sujet. Nous sommes donc pleinement impliqués dans les objectifs de ce chantier essentiel pour l’évolution et la transformation du système de santé. »

Déployer les outils existants

La démarche du Ségur de la biologie comme celui du Ségur numérique est pragmatique. « Il s’agit de se concentrer sur les outils qui existent déjà, mais qui ne sont pas encore suffisamment déployés ni utilisés comme la messagerie de santé sécurisée (MSSanté) ou le Dossier médical partagé (DMP), explique Bruno. Il s’agit d’identifier les blocages et de les résoudre, à la fois techniquement et dans les usages. »

Les efforts se concentrent donc prioritairement d’une part sur les fondamentaux comme l’Identifiant national de santé (INS), Pro santé connect (PSC) pour l’identification des professionnels de santé, les problématiques d’identitovigilance et, d’autre part, les outils socle tels que la MSS et le DMP.

Les biologistes médicaux, vu leur position centrale dans le système, ont un rôle essentiel dans cette phase (nous reviendrons sur chacun des outils dans de prochaines newsletters).

Un questionnaire pour l’avenir du SI-DEP

Sur un sujet spécifiquement biologique, le SI-DEP, mis en place pour répondre aux besoins de la lutte contre la Covid-19, est un succès. Il est donc très fortement question de le pérenniser et de l’élargir à toutes les maladies à déclaration obligatoire (MDO) entre autres. Un comité de pilotage sur la pérennisation du SI-DEP s’est d’ailleurs tenu le 20 novembre dernier.

Dans cette perspective, la Sfil souhaite recenser auprès des biologistes médicaux l'ensemble des applications pré et/ou postanalytiques qui manipulent des données démographiques et/ou des résultats d'examens, en-dehors des SGL et middleware. Si vous avez plusieurs applications, merci de remplir plusieurs formulaires.

 

Lire notre série Ségur du numérique, Ségur de la biologie

Merci de prendre le temps de répondre au questionnaire 

Informations supplémentaires

  • Accès Restreint: non
Dernière modification le lundi, 11 janvier 2021