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21 février 2014

Quand des biologistes médicaux veulent la mort de leur profession

Paris, le 21 février 2014 - Le SDB (le syndicat de tous les biologistes libéraux), le SLBC et le SJBM sont très inquiets de la tournure que prend le sauve-qui-peut de certains biologistes médicaux hospitaliers face aux échéances du calendrier d''accréditation. Si leurs difficultés et leur manque de moyens pour respecter les échéances peuvent se comprendre, les demandes d'exception réclamées par certains pour leur propre compte sont plus qu'étonnantes. D''une part, ces demandes portent atteinte à l'égalité de traitement de tous les laboratoires à laquelle le SDB, le SLBC et le SJBM sont très attachés. D''autre part, ces biologistes font des propositions qui, si elles étaient acceptées, mettraient en cause le fondement même de notre exercice médical, à savoir la validation du résultat par un biologiste médical qui engage sa responsabilité personnelle sur l'ensemble de l''examen de biologie médicale.

Or, les biologistes des centres hospitaliers demandent justement, dans une lettre ouverte publiée par leur principal syndicat, une dérogation pour pouvoir, dans et hors du cadre de la permanence des soins, « “libérer” les résultats avant validation  (pour une liste limitative de paramètres) en habilitant les techniciens pour ce faire ». Et de préciser que « c'est la solution qui pourrait être adoptée dans la quasi-totalité des CH ». Il s’agit, ni plus ni moins, pour nos confrères hospitaliers, de faire valider une pratique permanente de délégation d'une fonction régalienne du biologiste médical.

La loi de mai 2013 a clairement sorti la biologie médicale de l’industrialisation pour l’ancrer définitivement dans l’exercice médical. Elle est la même pour tous et doit apporter les mêmes garanties à tous les patients, en ville et à l’hôpital. Un technicien de laboratoire n’a pas la formation ni les compétences ni la responsabilité de juger la cohérence de l’ensemble d’un dossier. La loi ne la lui octroie pas et aucune habilitation ne saurait s’y substituer.

Nous rappelons en outre que la loi de mars 2013, dans son article L. 6222-6, impose un biologiste sur chaque site : « Art. L. 6222-6. - Sur chacun des sites, un biologiste du laboratoire doit être en mesure de répondre aux besoins du site et, le cas échéant, d’intervenir dans des délais compatibles avec les impératifs de sécurité des patients. Pour assurer le respect de cette obligation, le laboratoire doit comporter un nombre de biologistes au moins égal au nombre de sites qu’il a créés. Le biologiste assumant la responsabilité du site doit être identifiable à tout moment. » Par ailleurs, dans le cadre de la permanence des soins, nous souhaitons que soient définis les principes d’une astreinte obligatoire pour le biologiste avec la liste des cas où il doit   intervenir.

Il est également surprenant que nos confrères hospitaliers justifient en partie leur demande en invoquant des contrevérités sur les laboratoires de ville. Ces derniers n’auraient ainsi jamais à gérer ni l’urgence ni la permanence des soins en ville ou en clinique. Une affirmation fausse autant qu’absurde ! De même leurs effectifs seraient suffisants contrairement à ceux des laboratoires des CH. Combien de sites de laboratoires privés ont les quatre équivalents temps plein (ETP) réclamés par les CH ? Ils n’en ont tout simplement pas les moyens. En revanche, les biologistes libéraux ne comptent pas leur temps pour répondre aux demandes urgentes et assurer des rendus de résultats à des heures où plus aucun laboratoire hospitalier à des kilomètres à la ronde ne répond.

Le SDB, le SLBC et le SJBM alertent leurs confrères hospitaliers sur le fait que dénigrer leurs confrères du privé et, plus encore, de brader la responsabilité des biologistes médicaux ne rendra service à personne et surtout pas eux. Le SDB, le SLBC et le SJBM demandent la tenue, de façon urgente, d’une table ronde rassemblant toutes les parties concernées afin de résoudre de façon concertée les difficultés liées aux prochaines échéances de l’accréditation.

    

Dernière modification le jeudi, 23 juillet 2015