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31 oct. 2016

Quand le microbiote intestinal optimise l'effet des chimiothérapies

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Des chercheurs de l’Inserm, de l’Institut Gustave Roussy, du CNRS, de l’Institut Pasteur de Lille ainsi que des universités de Paris-Sud et de Lille affirment que deux espèces bactériennes présentes dans l’intestin peuvent majorer l’efficacité de certaines chimiothérapies. Elles optimiseraient en effet l’immunité antitumorale induite par ces traitements.

Quand le microbiote intestinal optimise l'effet des chimiothérapies Quand le microbiote intestinal optimise l'effet des chimiothérapies

De précédentes études ont montré que certains microbes intestinaux favorisent la croissance de tumeurs alors que d’autres contribuent à une meilleure efficacité des traitements anticancéreux. Toutefois, il restait à identifier la nature et le mode d’action des espèces bactériennes capables d’optimiser la réponse antitumorale induite par la chimiothérapie.

Dans cette nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Immunity, le 4 octobre dernier, les chercheurs de l’Inserm et leurs partenaires montrent que deux bactéries intestinales, E.hirae et B.intestinihominis, potentialisent ensemble les effets thérapeutiques anticancéreux du cyclophosphamide, une chimiothérapie utilisée dans le traitement de nombreux cancers.

Effet boostant

La chimiothérapie a notamment pour effet secondaire une plus forte porosité de la barrière intestinale avec, pour conséquence, un passage dans la circulation sanguine de bactéries constitutives du microbiote intestinal. Une réponse immunitaire se déclenche alors pour lutter contre cette réaction. Cette réponse immunitaire peut entraîner la destruction des cellules tumorales. Elle est donc bénéfique pour les patients. La tumeur est dès lors attaquée directement par la chimiothérapie et indirectement par cet effet boostant des bactéries.

La perspective de nouveaux médicaments

Plusieurs modèles précliniques ont permis aux chercheurs de montrer que l’administration par voie orale de E.hirae et de B.intestinihominis optimise la réponse immunitaire antitumorale induite par le cyclophosphamide. Ils ont également découvert que la présence de lymphocites T, mémoire spécifique de ces deux bactéries, permet de prédire la période durant laquelle un patient vivra après son cancer sans qu’il ne s’aggrave.

Les scientifiques ont prévu d’identifier dans des études ultérieures les parties spécifiques des bactéries responsables du renforcement des effets du cyclophosphamide, espérant ainsi, assurent-ils, « trouver une manière d’améliorer la survie des patients traités par cette chimiothérapie en leur administrant des médicaments dérivés de ces bactéries ».

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Dernière modification le lundi, 31 octobre 2016